16 novembre 2011

Le Procès

Dans son roman le plus célèbre, Le procès, Franz Kafka termine sur une scène où son héros Joseph K. est littéralement mis à mort. Cette éxécution suivant une mise en accusation incertaine peut être considérée comme symbolique. En fait, au travers du procès intenté à K., c’est du procès contre l’humanité qu’il sagit dans ce récit. Mais l’Homme est coupable de quoi au juste? On pourrait dire que chacun nous sommes coupables d’exister sur le mode de la banalité du caractère absurde de l’existence humaine. Banalité qui est insurmontable puisque nous sommes trop petits pour le caractère divin du phénomène religieux qui disparaît au début du vingtième siècle. Comme dans Les frères Karamazov, si Dieu n’existe pas alors tout est permis. Et si tout est permis, il n’existe plus de repères transcendantaux. Si Dostoïevski répond à cette problématique par "l'absolue nécessité d'une force morale au sein d'un univers irrationnel et incompréhensible", Kafka, lui, fait de son personnage un homme qui connaît des hésitations morales. Donc coupable.

"Métaphysique ou religieuse, la vision qui se dégage du Procès est foncièrement pessimiste: oublié de Dieu, l'être humain mène, sur une terre vide et sous un ciel silencieux, une existence absurde, à la recherche d'une vérité qui se dérobe à lui."

 

Kafka

Posté par karlus1972 à 15:59 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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